Jacques Dénéchaud (orthographe d’origine), natif de St-Savin-en-Bourges dans la Gironde en France, médecin de son état, vint s'établir en Nouvelle-France en 1752 et contracta mariage avec dame Angélique Castonguay de Québec. Ils eurent sept enfants dont Claude-Denis, en 1768, qui devint négociant en grains.
Élu à la Chambre Législative du Bas-Canada comme représentant de la Ville de Québec, Claude Dénéchau y siégea trente ans, refusant toute indemnité comme représentant du peuple. En 1807, il fut nommé membre du Conseil du Gouverneur et épousa Adélaïde Gauvreau, de Québec. En 1813, il est juge de paix de Sa Majesté. En 1826, il fut nommé Major au 1er Régiment de Québec et deux ans plus tard, Lieutenant-Colonel du 6ème Bataillon de Saint-Roch.

À quel moment Claude Dénéchau est-il devenu Maçon? Nous ne le savons pas exactement. Fut-il membre d'une Loge française? Aucun document ne vient l'attester. Par contre, nous savons qu'il a été membre de la « Merchants' Lodge N°1 », la première Loge civile instituée à Québec après la conquête. Quelques dates permettent de suivre l’évolution de sa carrière maçonnique :
Le 25 décembre 1809, Claude Dénéchau signe, en tant que Grand Premier Surveillant de la Grande Loge du Bas-Canada, la charte accordée à la « Loge St-Georges N°16 », de Trois-Rivières, depuis disparue.
En 1812, Claude Dénéchau est élu Grand Maître de la Grande Loge du Bas-Canada.

Le 24 juin 1816, assisté par la Loge canadienne française « Les Frères du Canada N°23 », à laquelle il vient d'octroyer lui-même une charte, il procède à la pose de la pierre angulaire de l'Église Anglicane St-Jean de Québec.
Le 23 avril 1823, le Duc de Sussex, Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre, confirme Claude Dénéchau en tant que Grand Maître du nouveau District de Québec et de Trois-Rivières. Il le sera jusqu'à sa mort en 1836.

Notons encore que le 15 novembre 1827, Claude Dénéchau, revêtu de tous ses insignes maçonniques et en présence du Gouverneur Général du Canada, Lord Dalhousie, officie à la pose de la pierre angulaire du monument dédié à Wolfe et Montcalm à Québec.

Durant ses années prospères, l'Honorable Claude Dénéchau acheta la Seigneurie de Bellechasse, laquelle incluait la paroisse de Berthier-sur-Mer. Sans avoir l'obligation légale du Seigneur et réputé pour sa bonté et son esprit charitable, il devint le conseiller, le protecteur et l'ami de tous les habitants de Berthier. Personne de faisait appel à lui en vain et son aide se faisait sans formalité, sans acte notarié, sans billet à ordre, sans aucun «papier commercial». Il mourut le 30 octobre 1836, à l'âge de 68 ans, et fut inhumé sous le banc seigneurial de l'église de Berthier. Sa veuve, Adélaïde Gauvreau, retourna à Québec où elle y mourut. Il s'y trouve encore de ses descendants.


Fr. Gaston Ralet, historien.